Comédie contemporaine en trois actes pour six hommes six comédiens : Ça magouille aux assurances.

Comédie en deux actes et un troisième dramatique facultatif.

Demande d’autorisation pour représentation : Page contact

Histoire :

En ce temps là, début des années 1990, le tabac régnait dans la société française. Mais Jojo, le cafetier, avait accordé une salle aux non-fumeurs, peu nombreux. Une seule table avec Ferdinand, Pierre, Jean et Jef.
Mais le premier part désormais à 8 heures. Pourquoi ? Et il est remplacé par Claude, « un brave gars. »
Un jour d’anniversaire, Ferdinand avoue ses grands secrets. Mais Claude n'était pas là par hasard, il attendait sa confidence.
Claude est inspecteur des assurances, en mission, en recherche de preuves dans des arnaques à l'assurance.


Distribution : six hommes.

Personnages :
Quatre joueurs de belote, dont l'âge peut varier de 40 à 60 ans : Ferdinand, Pierre, Jean, Jef.
Le cafetier, Jojo, d’âge proche.
Claude, plus jeune, joueur remplaçant Ferdinand, à 8 heures.

Acte 1


Scène 1


Ferdinand, Pierre, Jean, Jef. Puis Jojo et Claude.
Une pièce non fumeur à l'étage, isolée, d'un café. Trois tables. A l'une quatre hommes jouent à la belote,
abattent les dernières cartes d'une partie.
Ferdinand, de dos : - Faut que j'y aille.
Pierre : - Eh le Ferdinand, tu vas pas encore nous laisser. Il est à peine huit heures.
Ferdinand : - Eh, j'ai promis. J'ai promis d'être là à huit heures moins le quart et j'ai pas une fusée. (Il se
lève) Vous trouverez bien quelqu'un.
Jean : - En descendant, demande au moins à Jojo, qu'il nous remette une tournée...
Ferdinand : - Et je vous l'offre, la tournée.

Jean : - T'as fait une bonne affaire, Ferdinand ?...
Jef : - Oh quand le Ferdinand sourit comme ça !... Il faudra que tu nous racontes ça.
Ferdinand : - Un jour j'écrirai mes mémoires, je te l'ai déjà dit !... (il s'en va)
Pierre : - Et n’oublie de demander à Jojo qu’il nous dégote un non fumeur qui sait jouer à la belote... Si
tu as le temps, elle est pas comme le train, elle t’attendra ! (aux autres :) le jour où le paquet de clopes
coûtera plus cher que le kilo de Gigot, les fumeurs viendront jouer ici.
Jean : - Le jour où Pierrot sera au gouvernement, c'est la révolution ! Chez les buralistes et les assureurs,
les deux plus grands voleurs du pays on les met sur la paille !
Pierre : - Jojo va monter avec ses trois pintes, s'il a personne pour taper encore quelques parties, on va
lui prétendre que le gouvernement a annoncé qu'il allait doubler le prix des clopes, ça nous fera une
bonne discussion, un bon quart d’heure.
Jean : - Faut dire un chiffre réaliste, doubler il y croira pas. 20%, ça peut bien l’énerver.
Jef : - Ah ce Jojo, quand il s'énerve, c'est une caméra qu'il nous faudrait (entre Jojo)
Jojo : - Jojo quand il s'énerve ! Vous avez déjà vu Jojo s'énerver, les trois mousquetaires ? et même
révolutionnaires (Jojo est suivi de Claude). Et je vous ai trouvé l'oiseau rare. Il va vous plumer, les
dindonneaux !
Jef : - Dindonneaux que tu n’auras pas pour ton Noël, monsieur le gastronome !
Jojo : - Il accepte de jouer dans une salle non fumeur (se tournant vers lui) J'espère que c'est par bonté
pour des âmes perdues et qu'il est un bon fumeur quand même, sachant apprécier les vrais bonheurs de la
vie.
Claude : - Je l'ai été, mais la dernière hausse a eu raison de mon habitude. Et ma santé...
Jojo : - La santé ! Pfou ! J'ai toujours fumé et j'ai l'air malade ?
Jef : - Hé Jojo, la santé faut la protéger. Il faut donner des droits aux non-fumeurs.
Jojo : - On ne vous fait pas payer la fumée ! On vous l’offre ! Je vous ai en plus donné une salle, et
même chauffée ! Vous voudriez en plus la serveuse sur vos genoux.
Jef : - Tu devrais pas la laisser fumer comme ça, c’est qu’une gamine.
Jojo : - Une gamine ? Tu l’as pas bien regardée ! Elle pourrait sûrement t’en apprendre !
Jef : - Je te parle pas de l’extérieur mais de ses poumons.
Jojo : - J’ai roulé mon premier gris à 12 ans. Tu vois bien que le tabac ça conserve.
Pierre : - Le vent tourne, Jojo, bientôt les fumeurs devront respecter notre droit à vivre sans fumée.
Jojo : - Sans fumée ! Est-ce qu'on a déjà vu ça ! Ah la la ! Ruiné, je vous dis, ruiné, ils veulent nous
ruiner... Allez, je fais les présentations Claude Duglaner.
Claude : - Non fumeur !
Pierre : - Pierre, dit Pierrot, non fumeur. (ils se serrent la main)
Jean : - Jean dit Jeannot, non fumeur. (idem)
Jef : - Jef dit Jef, non fumeur. (idem)
Jojo : - Heureusement que vous vous rattrapez sur les pintes ! Mais si ce gouvernement continue à voler
nos clients, je passe la pinte au prix de la truffe du Périgord.
Jean : - Hé Jojo, tu devrais faire de la politique, ça c'est un slogan !
Jojo : - Allez, vous n'avez qu'à crier quand vous aurez soif ! (il sort) Les fumeurs me réclament !

Scène 2


Les quatre mêmes qu'au début de la scène 1.
Pierre : - J'espère que Claude sera là.
Jean : - C'est un sacré joueur.
Jef : - Et un brave gars.
Claude entre avec cinq pintes sur un plateau.
Ferdinand : - Hé ! quand on parle du successeur.
Pierre : - Dis pas que tu vas voir sa soeur !
Jean à Claude : - Jojo t'a embauché ?
Claude : - Il vient d'arrêter sa télé, on y annonce une hausse de 10% des clopes, alors en plus il ne
pouvait pas venir vous affronter !
Pierre : - Ah, c'est l'interdiction pure et simple dans les lieux publics et les bureaux, qu'il faudrait
prononcer. Mais aussi les salles de spectacles, les discothèques. Dans quel état seront ces jeunes à
quarante ans ?
Jean : - N'en demande pas trop ! Tu sais bien que jamais ça n'arrivera, la régie est nationale, l'état ne va
pas se priver de son petit commerce.
Jef : - Ce sera comme l’école, l’Etat reculera dès qu’il y aura quelques manifestants dans les rues.
Pierre : - Et les malades, tu crois pas que ça lui coûte à l'état?
Jef : - Bah, celui qui a un cancer, on peut pas dire qu'il coûte cher, ils font bien semblant de le soigner,
t'as vu mon père, c'est pour ça que je me suis arrêté de fumer, on va pas me dire que le tabac n'y était
pour rien, que c'était le destin.
Ferdinand : - Ah, tu m'en as pris une pour le voyage !
Pierre : - Il va bien falloir que tu nous racontes où tu vas tous les dimanches à huit heures. Tu vas quand
même pas sur le Boulevard.
Ferdinand : - Ça fait bien vingt ans que j'y ai pas garé ma poubelle, même en warning !
Pierre : - Alors il faut qu'on sache quelle belle femme a un mari qui part tous les dimanches à huit
heures.
Ferdinand : - Ah !... (il vide sa bière d’un trait et sort) salut les amis.
Pierre en attendant qu'il ait descendu l'escalier : - Il nous cache des choses le Ferdinand ! Vous voulez
savoir où il va ?
Jean : - Eh ! tu le sais toi ?, et tu ne nous as toujours rien raconté !
Pierre : - Tu sais que mon neveu travaille à la gare.
Jean : - Le Ferdinand va chercher une donzelle tous les dimanches à la gare !?
Pierre : - Si tu m'interrompais pas, tu saurais plus vite ! Le Ferdinand il prend le train !
Jean : - Ça nous dit pas où il va.
Pierre : - Mais il ne revient que le jeudi soir.
Jean : - Oh quelle histoire ! Mais ça ne dit pas où il va.
Pierre : - Et tu crois qu'avec un neveu chef de gare, je le sais pas ?
Jef : - Il est chef de gare, ce blanc bec ?
Pierre : - Pas encore mais ça va venir, il en a déjà toutes les responsabilités. Alors le Ferdinand, il a une
deuxième vie ! Il s'est acheté une belle maison près de la gare de Castel !
Jean : - Oh, avec quel pognon ?
Pierre : - J'ai trouvé le début, c'est à vous de dénicher les autres pièces du puzzle.
Jef : - C’est simple : la loterie nationale, y’a que ça pour devenir riche sans magouiller.

Scène 3


Les quatre mêmes que la scène 1, bien éméchés. Plus Claude assis derrière Ferdinand.
Pierre : - Allez Ferdinand, tu passes à table ce soir, tu vides ton garde-manger, maintenant qu'on sait tous
que tu as une résidence secondaire à Castel, va falloir que tu nous explique comment t'as manigancé ?
Ferdinand : - Que j'ai quoi ?
Jean : - Allez, c'est un secret de polichinelle, le dimanche à 8h25, tu prends le train !
Ferdinand : - On m'espionne ou quoi ? C'est le KGB ?
Jean : - Tout le pays le sait !
Ferdinand : - Et alors, je peux prendre le train quand il me plait !
Pierre : - Ne t'énerve pas Ferdinand, et après tu mets tes pieds dans ton salon tout luxe, t'as même arrêté
de travailler.
Ferdinand : - Eh !, à mon âge, on a droit à la pré-retraite !
Jean : - Quand on prend sa pré-retraire, on paye un pot aux amis !
Pierre : - Ça c'est vrai ! Tu nous en dois une, de cuite !
Jean : - Allez, Ferdinand, tu me le dois ! C'est mon anniversaire alors comme cadeau, je te demande
juste de raconter... où tu l'as trouvé le pognon mon ami ?
Ferdinand sourit : - Allez, on est entre nous... vous vous souvenez de ma Mercedes que j'ai fait un crédit
que je pouvais pas rembourser ?
Pierre : - Hé, on a tous compris que tu l'avais noyée dans la rivière pour toucher les assurances.
Ferdinand : - Plus malin, l'assurance me l'a payée mais je l'avais revendue en Hongrie !
Pierre : - Hé pardi, c'est un bon plan, t'aurais pas pu m'en parler avant, tu connais un passeur honnête ?
Ferdinand : - 60 - 40, c'est pas génial, mais sur une Mercedes neuve !
Jef : - Ça te fait pas le prix d'une résidence secondaire à Castel.
Ferdinand : - Ah ! (il sourit)
Jean : - Je suis certain maintenant que tu as eu une idée de génie. Allez, raconte.
Ferdinand : - On peut le dire ! Quand la grand-mère est morte, vous avez respecté mon deuil, vous avez
pas posé de questions. Elle est morte d'une belle mort, elle a pris son café comme tous les matins, elle
m'a regardé et elle a dit "je meurs" et elle est morte, presque en souriant. (silence que tout le monde
respecte en attente de la suite) Une attaque. Le docteur m'avait prévenu que ça pouvait arriver. Le temps
du choc passé, une idée de génie m'a traversé l'esprit, comme si Dieu en personne, au moins Saint Pierre,
me l'avait dictée. Il m'a montré le contrat d'assurance, mon archange Gabriel. Alors je l'ai portée dans la
voiture et hop, un p'tit accident, comme elle avait une autorisation médicale de ne pas mettre sa ceinture,
le pactole par les assurances. (silence émerveillé, on sent une nervosité chez Claude) Quand tu meurs
dans ton lit, pas un centime, dans une voiture, beau pactole, l'idéal, ç'aurait été de la faire monter dans un
avion en sachant qu'il allait s’écraser (silence)
Pierre : - De toute façon elle était morte, t'as eu l'idée, t'aurais eu tort de ne pas en profiter.
Jean : - Mais t'aurais quand même pu nous payer un pot !
Ferdinand : - Ça ne sort pas d'ici... Oups 8 heures 2, j'y cours... (se lève et sort en vitesse)
Jef : - Faudra nous inviter...
Pierre : - Sacré Ferdinand !
Jean : - Sacré bonhomme, encore plus malin que je le croyais.
Jef : - Ouais, ça c’est un homme ! Déjà il avait pas voulu faire son service militaire et l’avait pas fait !
Sans donner son enveloppe au député, en se débrouillant tout seul !
Rideau
Acte 2


Claude puis Ferdinand.
Le bureau de Claude Duglaner, chargé de contrôles aux Assurances.
Un bureau type de petit chef dans les assurances.
Il est assis dans un grand fauteuil et devant le bureau deux petites chaises.
Claude, au téléphone : - Bien, laissez-le patienter quelques minutes (il raccroche)
Claude : - Ah ! Je m'y étais pourtant habitué à ces parties de belote. Mon plus grand plaisir de la
semaine. Mais nous ne sommes pas sur terre pour le plaisir ! Et les augmentations passent par des
résultats. Ah si je n'avais même qu'un pour cent de ce que l'on va récupérer ! Mais pas d'intéressement...
nous devons travailler consciencieusement pour le bien de la société.
Enfin, après une telle réussite, ils accepteront enfin ma mutation sur la côte d'Azur... Ah la côte d'Azur !
Enfin, il est peut-être encore temps pour réussir ma vie, trouver une femme charmante... Je veux une
augmentation, je veux une mutation, une prime de Noël, il me faut des résultats.
(il prend son téléphone)
Claude : - Nathalie, faîtes entrer monsieur Caferré.
Tandis que la porte s'ouvre, Claude tourne son fauteuil afin d'être dos à l'arrivant.
Ferdinand entre timidement. La porte se referme derrière lui. Ferdinand observe, se doute d'une
présence dans le fauteuil.
Ferdinand : - Vous m'avez convoqué, je suis là.
Le fauteuil tourne...
Ferdinand : - Oh Claudio ! Qu'est-ce que tu fais là !
Claude : - Claude Duglaner, responsable du service contentieux.
Ferdinand : - Et tu avais besoin de me faire perdre mon mercredi pour me parler, ça ne pouvait pas
attendre dimanche. Et qu'est-ce que tu fais dans ce bureau ?
Claude : - L'heure est grave.
Ferdinand : - L'heure ?
Claude : - Soit vous rendez l'argent détourné via de fausses déclarations, soit nous devons déposer
plainte au tribunal et nous demanderons des dommages et intérêts exemplaires.
Ferdinand : - Hé Claudio, non seulement tu nous as caché ton vrai boulot mais en plus on t'a raconté des
conneries et tu les as crues.
Claude : - J'ai préparé les documents de renonciation. Il vous suffit de signer en bas et de nous faire un
chèque du montant (il avance la feuille)
Ferdinand, la regardant : - Mais tu es fou !
Claude : - Une Mercedes et une assurance accident. C'est le montant que vous avez touché.
Ferdinand : - Mais tu es fou ! j'ai payé mes cotisations, j'ai eu la malchance qu'on me vole ma Mercedes
et de perdre ma mère.
Claude : - Monsieur Caferré.
Ferdinand : - Tu peux m'appeler Ferdinand. Hé Claudio, à quoi tu joues ?
Claude appuie sur le magnéto présent sur son bureau et on entend : "Le temps du choc passé, une idée
de génie m'a traversé l'esprit, comme si Dieu en personne, au moins Saint Pierre, me l'avait dicté. Il m'a
montré le contrat d'assurance, mon archange Gabriel. Alors je l'ai porté dans la voiture et hop, un p'tit
accident, comme elle avait une autorisation médicale de ne pas mettre sa ceinture, le pactole par les
assurances. "
Ferdinand : - Tu as payé un imitateur mais il m'imite très mal !
Claude : - C'est un enregistrement réalisé par une personne assermentée, moi.
Ferdinand pose sa main sur le magnéto.
Claude : - Ce n'est naturellement qu'une copie audio. L'enregistrement audio et vidéo ne laisse aucun
doute, il fut réalisé par une mini caméra dernier modèle, un bijou de technologie, insérée en lieu et place
de ma montre. On voit très distinctement les lèvres énoncer ces mots. La preuve de culpabilité sera
validée par tout tribunal compétent.
Ferdinand, abattu : - Oh Claudio, tu m'assassines.
Claude : - Je vous demande juste de restituer les sommes illégalement perçues.
Ferdinand, se reprenant : - Alors comme ça, tu pourras vivre avec ma mort sur la conscience ! Comment
tu pourras regarder nos amis ?
Claude : - C'est ma dernière affaire ici. Après un tel résultat, ma demande de mutation sera acceptée.
Ferdinand : - Y'a des promotions pour les assassins, dans ta boîte ?
Claude : - Soyez sérieux, monsieur Caferré, vous avez été riche quelques jours, vous refermez la
parenthèse et reprenez votre vie d'avant, où vous n'étiez pas malheureux.
Ferdinand : - J'étais pas malheureux car j'ignorais tout ce qu'on peut se payer avec de l'argent.
Maintenant je comprends mieux les politiques, qui se battent pour une écharpe, elle leur permet de faire
sauter nos PV, exempter les enfants du service militaire ou signer un permis de construire, le tout contre
une petite enveloppe. Tu as déjà été riche, toi ?
Claude : - J'ai un bon salaire.
Ferdinand : - Moi aussi j'en avais un. Mais on ne devient pas riche en travaillant ! Tu le sais bien !
Claude : - La loi c'est la loi.
Ferdinand : - La loi ne s'applique qu'aux vivants ! Tu ne récupéreras pas un centime quand je serai mort.
Et tant qu'un tribunal n'a pas prononcé ma condamnation, je bénéficie de la présomption d’innocence,
oui monsieur, je peux mourir innocent ! Toutes les procédures s’arrêtent à la mort, tu dois le savoir ! Il
suffit que je meurs et tes poursuites, tu te les mets où tu veux ! T’en fais des avions ! Et en plus, pas de
mutation, et plus personne ne fera une belote avec toi !
Claude : - Monsieur Caferré, signez et vous pourrez profiter paisiblement de votre retraite.
Ferdinand : - Plutôt mourir ! Je suis un homme libre, mon ami ! Celui qui n'a pas peur de mourir est libre
! Tu sais que des philosophes l'ont écrit bien avant qu'existent tes assurances !
Claude, qui perd de sa superbe : - Monsieur Caferré, soyez raisonnable.
Ferdinand : - Allez, pour tes peines, je veux bien te donner six mois de salaire en échange de tes
enregistrements. Pour que tu ne sois pas le dindon de l’affaire.
Claude : - Tentative de...
Ferdinand : - Tu vois, je suis raisonnable, c’est toi qui ne l’es pas ! Je préfère vivre mais s'il le faut je
mourrai dignement. Sénèque s'est suicidé sans pleurer. Tu veux être mon Néron ? Je me suis mis à la
lecture et au jardinage, monsieur. Il n’est jamais trop tard pour se cultiver et cultiver ! L'important c'est
la dignité, monsieur, on vit dignement et si on ne le peut pas, on meurt dignement.
Claude : - La vie, ce n'est pas de la philosophie. Et le détournement d’argent, ce n’est pas vivre
dignement.
Ferdinand : - Qui, de ton assurance ou de moi, est le plus riche ? Qui a des comptes en Suisse ? Qui
détourne de l’argent ? Et je vais te dire, dans la philosophie antique, il y avait aussi la logique : alors tu
as deux possibilités ; soit je sors d'ici et je me fais écraser par une voiture, alors non seulement ton
patron ne récupérera jamais un centime de ce qu'il m'a payé mais en plus il paiera mon assurance-vie au
fiston (Claude est de plus en plus inquiet par la tournure des événements). C'est pas difficile de se faire
écraser, il suffit de traverser juste après un virage. Ou alors, on sort, on va chez moi, et on s'entend
comme deux gentlemen.
Claude : - Allez Ferdinand, tu as essayé; je t'aime bien, signe, ne m'oblige pas à transmettre le dossier au
juge d'instruction.
Ferdinand, se lève brusquement : - Tu l'auras voulu. Mais avant de passer sous deux roues, faut que je
raconte aux copains ce que tu as fait. J’aurais jamais cru ça de toi ! On t’a accueilli comme un frère ! Je
te propose même une bonne prime pour que tu n’aies pas l’impression que je profite de ton amitié ! Je
sais bien que les affaires sont les affaires ! Mais puisque tu préfères perdre sur tous les tableaux ! Non
seulement tu finiras ta carrière ici mais plus personne jouera à la belote avec toi. (il part, ouvre la porte)
Claude : - Attends Ferdinand (Ferdinand continue). Tu as gagné Ferdinand.
Ferdinand, se retournant et revenant juste à la porte : - Tu disais ?
Claude : - Viens t'asseoir, on va s'arranger. T’es vraiment un sacré numéro.
Rideau
Acte 3


(facultatif) le texte de l'acte 3


Demande d’autorisation : Page contact




Accueil auteur de theatre .