Ça magouille aux assurances acte 3 une comédie contemporaine en trois actes pour six comédiens

Comédie en deux actes et un troisième dramatique facultatif.

Demande d’autorisation pour représentation : Page contact


Acte 3


(facultatif)
Une pièce légère, montrant les limites de l'honnêteté même chez les hommes chargés de faire respecter
la loi des assureurs, peut s'arrêter sur le "on va s'arranger" de l'acte 2.
Mais un acte 3 est possible, avec une fin plus sombre, tragique.
Il s'adresse naturellement à un autre public, d'autres troupes.
L'auteur laisse ainsi un choix aux troupes ! Donnez la couleur de votre pièce.

Scène 1


Décor identique à l'acte 1.
Ferdinand, Pierre, Jef et Claude jouent. Atmosphère très pesante. Visages tristes, fatigués et crispés. Ils
terminent un partie.
Manque donc Jean.
Jojo, les traits très tirés, plus que fatigué, air malade, entre et pose quatre bières sur la table. Les
précédentes ne sont pas vidées.
Jojo, après avoir toussé : - Allez les gars, je vous les offre. (Il se retourne de nouveau pour tousser)
Claude : - Merci Jojo...
Jojo : - Ah, je crois que j’ai attrapé un mauvais coup de froid.
Jef : - Ça doit être ça, t’inquiète pas, ça va passer.
Jojo : - Ah, je crois que ça nous a tous foutu un coup... moi c’est sur les bronches que je l’ai pris.
Jef : - L’hiver est long cette année...
Jojo : - Allez, je vous laisse terminer (en sortant, on l’entend encore tousser)
Ils reprennent sans passion leur jeu. Silence.
Pierre : - Ah le Jojo, y’a que lui qui sait pas ce qu’il a attrapé. Et malgré ça, ça continue de fumer en
bas...
Silence jusqu’à la dernière carte.
Ferdinand : - Pierrot ! C'est pas une raison pour jouer comme un pied !
Pierre : - Allez, on pose les cartes !
Jef : - T'as raison. C'est trop dur. Trop injuste. J’en confonds coeur et carreau.
Claude : - La vie est cruelle.
Jef : - Et qu'est-ce qu'il allait foutre chez sa tante, ça fait des années qu'ils se parlaient plus.
Ferdinand : - Hé, il voulait que son père se réconcilie avec sa soeur avant de partir ! ça partait d'un bon
sentiment.
Pierre : - Ah ! Je vous dois la vérité.
Jef : - La vérité !?
Pierre : - Bin oui... je suis le seul à la connaître... et je sais pas si Jeannot voudrait que ses amis
continuent à s'imaginer...
Jef : - T'es sûr de savoir la vérité ?
Pierre : - Je suis quand même son voisin, et quand il a besoin d'un coup de main, c'est moi qu'il appelle.
Jef : - Mais t'étais pas sur la route !
Pierre : - Samedi soir, Jeannot est venu frapper à ma porte. Son père venait de mourir. Vous savez tous
qu'il avait un cancer. Et vous devinez ?
Ferdinand : - Oh j'en ai bien peur ! Malheur !
Pierre : - Hé oui, il m'a demandé de l'aider à le mettre dans la voiture. J'ai bien essayé de le persuader
que c'était une bêtise. Tout le monde connaissait son état. Les assureurs sont pas aussi cons que ça. Mais
il voulait faire comme toi.
Ferdinand : - Aïe aïe aïe.
Pierre : - Ouais... Il venait de relire son contrat d'assurance, et c'est un accident qu'il fallait. Il allait
pouvoir arrêter de travailler, sa femme aussi. Elle, elle avait peur. Elle lui disait que j'avais peut-être
raison, qu'ils allaient s'attirer des ennuis.
Ferdinand : - Et il t'a répondu "si Ferdinand a réussi, je vais réussir aussi."
Pierre : - Exactement.
Jef : - Hé, je l'aurais parié.
Pierre : - Alors sa femme elle a pas voulu le laisser partir tout seul, elle a dit que ça semblerait bizarre, si
elle n'y allait pas, chez la tante. Alors, quand j'ai vu que je pouvais plus les arrêter, j'ai dit, bon, je vais
rester ici, comme ça si le gosse se réveille, il sera pas tout seul. Il dormait leur gosse, il savait pas que
son pépé était mort.
Ferdinand : - Aïe aïe aïe.
Jef : - Et il est parti avec eux.
Pierre : - Hé oui, sa mère l'a réveillé alors que son pépé et son père étaient déjà dans la voiture, devant.
Ils lui ont rien dit, pauvre gosse, juste qu'ils allaient faire une surprise à la tante Mathilde. Il voulait pas y
aller. J'ai proposé une dernière fois "il peut rester ici."
Durant la réplique De Pierre, la tête de Jojo apparaître à la porte, puis il se recule, on l'aperçoit encore
mais personne parmi les joueurs ne peut le voir. Il se retiendra plusieurs fois, difficilement, de tousser.
Claude : - Malheur.
Pierre : - Hé oui, comme ça le gosse, si on l'interrogeait, il dirait ce qu'il savait, ce qu'il croyait, que son
pépé était mort dans l'accident parce qu'il avait oublié de mettre sa ceinture. On peut avoir un PV pour
une ceinture oubliée mais l'assurance ne peut pas utiliser la faute pour ne pas payer, qu'il m'a dit,
Jeannot.
Claude : - C'est malheureusement vrai (s’arrête net, en se rendant compte de sa bévue, non remarquée,
sauf par Ferdinand).
Pierre : - Et voilà, il m'avait dit qu'il allait se prendre doucement le poteau après le croisement, juste au
virage, là où on l'a retrouvée le lendemain, leur voiture, mais dans la rivière.
Ferdinand : - Merde, j'aurais jamais dû lui raconter.
Pierre : - Le pire, si on peut dire, c'est que le pognon de l'assurance, un sacré pactole, car Jeannot aussi
avait une assurance accident, maintenant il va revenir à son cousin qu'il ne pouvait pas voir.
Claude : - Sauf si l'assurance arrive à démontrer que le vieux était mort avant.
Pierre : - On est quatre ici, et je vois pas l'un d'entre nous aller raconter aux voleurs ce qui s'est passé.
C'est vrai que son cousin, il est plus con qu’un balai, il est même gendarme, tu vois.
Ferdinand : - Vous voulez bien me le promettre ?
Pierre : - Quoi ?
Ferdinand : - De jamais essayer de m'imiter.
Jef : - Comme dit ce pauvre Jojo, on peut essayer de t'imiter Ferdinand, mais personne ne t'égalera...
Pierre : - En tout cas, je suis vacciné. Les assureurs sont des voleurs mais je jouerai pas au plus fin pour
essayer de leur prendre une plume de leur duvet.
Jef : - Si ça te rend poète ! En tout cas, Ferdinand, tu es plus celui que je veux égaler.
Claude : - Pourquoi, tu y avais aussi pensé ?
Jef : - Hé, si l'occasion s'était présentée... La belle-mère elle est plus bien vigoureuse, je lui avais fait
prendre une assurance accident !
Pierre : - J'avoue que la mienne aussi, elle en a une !
Ferdinand : - Vous êtes plus fous que moi !
Jojo s’éclipse discrètement, sur la pointe des pieds.
Demande d’autorisation : Page contact




Accueil auteur de theatre .